26 novembre 2008

Femmes contre le cancer du col de l’utérus (WACC)

Avec 280 000 victimes par an dans le monde, le cancer du col de l’utérus est un vrai problème de santé féminine. Il est d’autant plus grave que cette maladie touche en moyenne des femmes relativement jeunes (40-50 ans) et d’autant plus regrettable qu’un dépistage régulier permet la plupart du temps de déceler et de traiter les changements du col de l’utérus avant même que ceux-ci se transforment en cancer.
Tous les ans le congrès international Eurogin fait le point sur des avancées concernant ce cancer : le dépistage, la vaccination, les traitements médicaux… Cette année le congrès a, de plus, fait de la place pour un invité d’honneur : le forum fondateur d’une nouvelle « arme » contre le cancer du col, le réseau international Women Against Cervical Cancer (WACC) ou, dans notre français préféré, Femmes contre le cancer du col de l’utérus. Piloté par des femmes du monde entier ce réseau a pour but de « rendre les femmes plus réactives face au cancer du col par le biais de l’éducation ».
Le forum a invité des représentants des organismes prestigieux : l’OMS (1), le CIRC (2), l’UICC (3), l’INCa (4), l’ECDC (5) et le CDC (6), pour ne citer que les plus importants. Cette journée de travail a été l’occasion de faire le tour de diverses questions importantes : où en est l’éducation sur la prévention du cancer du col, quelle est l’expérience des différents pays, quelles sont les connaissances des femmes sur cette maladie, qu’est ce qu’elles craignent et espèrent.
Une des pierres fondatrices du WACC est notamment une étude qui montre que les résultats anormaux d’un frottis inquiètent parfois inutilement les femmes qui parfois sont incapables de se représenter la gravité et la portée de tels résultats. « En armant les femmes de meilleures connaissances sur comment prévenir le cancer du col de l’utérus, et en les soutenant pendant et après les traitements, nous pourrions diminuer considérablement le poids émotionnel et même physique de cette maladie. » a déclaré Joseph Monsonego, spécialiste de la gynécologie oncologique, président d’Eurogin et du WACC.
Et que conclut le forum pour ce qui est de l’approche médicale de la prévention ? « Tout le monde est d’accord : la vaccination ne peut aider qu’en complément du dépistage ! » nous confie le professeur Hélène Sancho-Garnier, professeur de santé publique à l’Université de Montpellier et directeur scientifique d’Epidaure, centre d’éducation à la prévention du cancer de Montpellier.
Le réseau WACC, partie de la fondation suisse du même nom, réunit déjà une trentaine d’associations concernées par cette problématique. Il ne s’agit donc pas de la première initiative internationale pour lutter contre le cancer du col. Mais, en fédérant divers acteurs institutionnels et associatifs nationaux ou internationaux, comme l’ECCA (European Cervical Cancer Association - Association européenne contre le cancer du col de l’utérus), Regards de femmes (participation des femmes à la prise de décision dans les sphères familiales, économiques et politiques), Global summit of women ( Femmes leaders en politique et business) et bien d’autres, WACC espère aller loin. « C’est une belle initiative. Pour le bien de tous j’espère qu’elle se transformera rapidement en action ! », conclut le professeur Sancho-Garnier. Affaire à suivre !

(1) - Organisation mondiale de la santé - OMS
(2) - Centre international de la recherche sur le cancer - CIRC
(3) - Union internationale contre le cancer - UICC
(4) - Institut national contre le cancer - France - INCa
(5) - Centre européen de prévention et de contrôle des maladies - ECDC
(6) - Centre pour le contrôle et la prévention des maladies - Etats Unis - CDC

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